publié le 23 juin 2026

Pelvi-Périnéologie Homme-Femme

Interview de Patricia Delalande, kinésithérapeute spécialisée dans la rééducation périnéale homme et femme

 

« Le vrai problème, ce n’est pas la force… mais le ressenti ! Le laser et la técarthérapie changent la donne »

 

Longtemps discrète, parfois taboue, la rééducation périnéale connaît aujourd’hui un véritable tournant. Nouvelles technologies, meilleure compréhension du corps… Nous avons interrogé une professionnelle de santé qui intègre le laser depuis un an dans sa pratique quotidienne qui utilisait déjà la técarthérapie.

 

On pense encore que les troubles du périnée sont normaux.
On a l’impression que beaucoup de patients consultent tard…

 

« Oui, très clairement.

J’entends souvent : Je pensais que c’était normal.”

Des fuites urinaires à l’effort, des douleurs pendant les rapports, une perte de sensations…

Beaucoup de patients vivent avec ces symptômes pendant des années. Alors que ce sont des troubles fréquents… mais pas normaux.

 

 

“Le plus difficile, ce n’est pas de renforcer… c’est de ressentir”

Quel est le principal défi en rééducation périnéale ?

 

Le vrai enjeu, ce n’est pas uniquement le renforcement musculaire. C’est le ressenti des patients qui ont longtemps ignoré l’existence et donc le rôle du périnée.

Beaucoup de patients :

  • ne savent pas où se situe leur périnée
  • ne savent pas comment le contracter
  • ou pensent le contracter… sans réellement l’activer

Sans cette connexion, la rééducation est beaucoup moins efficace.

 

 

⚡ “Le laser agit comme un révélateur”

C’est là que les nouvelles technologies interviennent…

« Exactement.

Le laser thérapeutique est très intéressant pour ça. Il fait immédiatement la différence. Il agit comme un amplificateur de perception.

Concrètement :

  • le patient ressent mieux la zone
  • la contraction devient plus évidente
  • le travail devient plus précis

👉 Cela change complètement la qualité de la rééducation. »

 

 

“Chez l’homme, le déclic passe souvent par la sensation”

Y a-t-il des différences entre hommes et femmes ?

 

« Oui, notamment chez l’homme.

Le “réveil” du périnée est parfois plus compliqué.

Mais dès qu’on améliore le ressenti — notamment avec un travail ciblé -> application du laser sous les bourses, ce qui correspond au périnée— il y a souvent un déclic : « Ah, là je sens ! »
Et à partir de ce moment-là, tout devient plus simple.

 

 

Dans la majorité des cas, j’utilise les deux techniques simultanément :

 

  • Les plaques de TECAR sont positionnées sur les faces internes des cuisses et celle de retour est placée sous le sacrum pour une action vasculaire et une stimulation musculaire.
  • Le laser cible directement la zone de traitement

 

👉 J’ai une astuce pour avoir un accès facile à la zone tout en respectant l’intimité du patient homme : pour passer le laser sur la zone périnéale, la personne est allongée sur le dos et remonte vers l’avant, l’arrière de son sous-vêtement pour soulever les parties intimes.

Je cumule tous les effets en même temps et les patients voient la différence depuis que j’ajoute le laser.

C’est tellement prometteur que j’en est fait part à K-LASER et que j’ai souhaité partager cette expérience avec les kinés et les patients. »

Et chez la femme ?

“Chez certaines patientes, le changement est rapide”

« Les résultats peuvent être très rapides, notamment sur certaines indications.

Je pense par exemple à des patientes ayant une sécheresse vaginale , conséquence des traitements anti-cancéreux ou simplement liée à la ménopause.

Avec le laser :

  • on améliore l’hydratation
  • on diminue les douleurs
  • et parfois, dès 3 séances, les rapports redeviennent possibles

Pour elles, c’est un vrai tournant. »

 

 

Comment atteignez-vous la zone à traiter ?

 

« Le laser aide énormément : 👉  Il est diffusé en intra-vaginal avec un demi-spéculum (plus petite taille) et du gel. Puis balayage interne avec le programme « blessures-tissus mous » qui délivre 832 Joules. Je reste en mouvement pour éviter l’hyper-thermie. La patiente ressent de la chaleur douce.

👉 J’adapte le nombre de séances : 2 ou 3 séances peuvent suffire (1 par semaine) / si besoin de plus, je passe à 6 séances et plus exceptionnellement à 9.

 

Le résultat est remarquable voire formidable dès 3 séances (les rapports sexuels sont nettement améliorés).

 

Je cumule ainsi les deux technologies, sauf si la personne, homme ou femme, est en cours de traite-ments anticancéreux, où là, seul le laser est utilisable. Attention, si la personne est atteinte d’un cancer génital sous traitement (chimiothérapie, radiothérapie locale…), aucune de ces technologies n’est utilisable. »

 

 

On redonne du confort, mais aussi de la confiance !

« Au-delà du physique, il y a aussi un impact psychologique énorme…

 

Quand une patiente n’a plus mal, ou qu’un patient retrouve le contrôle de sa continence, ce n’est pas juste un symptôme qui disparaît, c’est une confiance qui revient.

Et ça change beaucoup de choses dans le quotidien.

 

 

“La technologie ne remplace pas la rééducation ?”

« Non, absolument pas.

La base reste la rééducation :

  • travail articulaire et musculaire (contracter/ relâcher)
  • coordination avec les abdominaux
  • approche globale du corps

 

Le LASER et la TECAR sont des compléments et les résultats, en associant le laser, vont au delà de ce que j’imaginais. C’est une vraie solution !

On va plus vite et plus précisément… mais le travail actif reste indispensable. »

 

 

Comment se déroule un accompagnement type ?

“L’objectif, c’est l’autonomie”

 

« On commence toujours par :

  1. comprendre
  2. ressentir
  3. apprendre à contracter Ensuite, on renforce

👉 Et l’objectif final, est l’autonomie du patient »

 

 

Un dernier message ?

“Oui, le plus important, c’est de briser le tabou”

« Il ne faut plus hésiter à consulter.

Ces sujets restent encore tabous, alors qu’il existe aujourd’hui :

  • des solutions très efficaces
  • des techniques indolores
  • des approches adaptées à chacun

Et surtout… des résultats vite quantifiables. »

 

En conclusion : L’approche de Patricia Delalande redonne au patient un rôle central : comprendre, ressentir… et reprendre le contrôle sans douleur.

Les traitements innovants qui complètent la prise en charge ne sont pas absolument pas douloureux et agissent au contraire sur les douleurs aiguës comme chroniques.

Patricia, un grand merci de nous avoir partagé votre expérience !

 

Une question, un besoin ?

 


Vous avez aimé cet article ? Partagez le !

Les derniers articles

Suivez toute notre actualité