publié le 9 février 2022

La prise en charge du vieillissement cutané

Par le Docteur Isabelle Gallay

 

Parmi les techniques de Réjuvénation-Remodelage, on peut citer les peelings, les lampes flash, certaines radiofréquences, ainsi que les lasers. Il existe également un assistant personnel, une miniplateforme laser Blue Derma.

 

Le vieillissement de la peau fait très couramment l’objet d’une consultation auprès des médecins experts en esthétique. La demande du patient est suivie d’une analyse très méthodique de son type de vieillissement et débouche sur un plan de traitement qui se doit de donner la priorité à la restitution de la qualité de la peau. On ne parlera pas ici des lésions dysplasiques qui doivent avant toute chose, être dépistées et traitées.

 

Sur le plan clinique, on observera des modifications de surface, pigmentaires et vasculaires :

  • taches,
  • rugosités,
  • irrégularité du teint,
  • télangiectasies,
  • angiomes stellaires,
  • teint cireux ;
  • les structures profondes révèlent leurs faiblesses en terme de ridules, de relâchement et de modification des annexes tels que adénomes sébacés, papules fibreuses, comédons.

 

Ces disgrâces, très souvent associées sur un visage qui a été beaucoup exposé aux UV, peuvent faire l’objet de traitements dits Réjuvénation-Remodelage (RR) : la réjuvénation concerne les modifications vasculaires et pigmentaires et le remodelage concerne le réarrangement du derme (remodelage = restitution du modèle initial). Le travail de reconstruction ainsi amorcé, les fillers, inducteurs, tenseurs, modificateurs d’expression, feront le reste, avec d’autant plus d’efficacité et moins de consommables. Parmi les techniques de RR, on peut citer les peelings, les lampes flash, certaines radiofréquences, ainsi que les lasers.

 

Pourquoi privilégier un laser pour

restructurer la peau ?

 

À côté des lasers de resurfacing (CO2, Erbium pour les plus connus) qui détruisent et stimulent la reconstruction, d’autres lasers dermatologiques peuvent agir sélectivement sur les chromophores (hémoglobine, mélanine), en excès dans la peau vieillie tout en libérant de l’énergie thermique utile au remodelage : toute l’énergie du faisceau de lumière cohérente du laser se concentre sur le chromophore visé et atteint sa cible de façon précise selon la longueur d’onde utilisée : on parle de photothermolyse sélective.

Pour les lasers moins sélectifs, un effet photothermique à distance est possible, voire recherché, de façon à détruire certaines structures très abîmées. Mais au dessus de 60°, on obtient une photocoagulation avec dénaturation protéique, alors qu’avec une diffusion thermique plus faible on obtient une stimulation de la synthèse fibroblastique. Celle-ci découle soit d’un effet direct sur le derme, par le biais des HSP (heat shock proteins), soit de la libération de cytokines par les vaisseaux dermiques échauffés.

 

Plus récemment on insiste sur la LLLT (Low Level Laser Therapy), qui consiste à délivrer aux tissus une lumière froide (inférieure à 0,5 Watts, par opposition à la HLLT, High level laser therapy), qui agit directement sur des chromophores intra-mitochondriaux, notamment la cytochrome c oxydase : cette enzyme, une fois libérée de l’oxyde nitrique (NO) par la photo-oxydation, active la production d’ATP par la chaîne respiratoire; c’est ce qu’on nomme la photobiomodulation (PBM); les longueurs d’onde le plus souvent utilisées à cet effet sont le plus souvent le rouge, l’infra-rouge proche (NIR).

 

Les LED (lumières émises par des diodes) sont utilisées plus couramment pour la PBM, et en particulier afin de neutraliser le trop plein d’oxydation généré par un laser thermique et ainsi diminuer les effets collatéraux et activer la cicatrisation. Les effets immédiats de la PBM sont une vasodilation, une augmentation du flux sanguin, et une meilleure oxygènation des tissus. A long terme se produisent un effet anti-inflammatoire, une accélération de la cicatrisation et une régénération cellulaire avec mobilisation et activation de cellules souches.

 

Ainsi, la régulation de la reconstruction est le garant d’un résultat naturel et sans complication : en effet des traitements trop lourds, trop thermiques, trop profonds, sont responsables de libération en excès de radicaux libres, dont on connait la production de dégâts en chaîne. La cosmétique active avec de puissants anti-oxydants, est d’un apport majeur en post laser, tout comme la PBM, et encore mieux associée à celle-ci.

 

 

Comment se déroule une séance de RRL (Réjuvénation et Remodelage Laser) et pourquoi utiliser la mini-plateforme Blue Derma pour le RRL ?

La RRL par laser se décline en plusieurs étapes successives dans une même séance, destruction des lésions pigmentaires (lentigos solaires) et vasculaires (télangiectasies, érythrose, hémangiomes), vaporisation des tumeurs bénignes, et remodelage dermique thermique ( « balayage »  de toute la surface traitée) : on réalise donc un traitement personnalisé en fonction des signes cliniques d’héliodermie. Plusieurs séances peuvent être requises, au rythme d’une par mois.

 

Le Blue Derma laser permet une destruction tissulaire sélective, une reconstruction ad integrum, avec un véritable potentiel de régulation de la cicatrisation. 

Ce laser allie HLLT et LLLT, délivrées simultanément, permettant de détruire, stimuler et réguler en même temps. Il s’agit d’un laser dont les photons sont émis par des diodes, doté de 3 longueurs d’onde ; le bleu (diode laser 445 nm) est la effective, délivrée en HLLT ; elle a la particularité d’être extrêmement absorbée par l’hémoglobine comme par la mélanine, et nécessite donc de faibles puissances pour détruire les lésions pigmentaires et vasculaires à la surface de la peau; à plus forte dose, il permet une photo-coagulation sur le vasculaire et la destruction d’hémangiomes, points rubis, ainsi qu’une photovaporisation des tumeurs bénignes (kératoses séborrhéiques, adénomes, fibromes, lentigos profonds, microkystes, tumeurs virales), où il devient un assistant incontournable de petite chirurgie. 

 

Les lésions pigmentaires sujette à de l’hyperpigmentation post inflammatoire comme le mélasma, le naevus de Ota sont progressivement éclaircies en utilisant de très faibles puissances (à l’inverse du bleu 415 nm, réputé aggravant). Deux autres sont délivrées par ce laser, dont le rouge 660nm,  mis systématiquement en LLLT entre les tirs de laser bleu, dans le but de moduler la réaction inflammatoire et de réguler la cicatrisation à venir. 

 

La troisième, 970 nm, est dans le proche infra-rouge (NIR); elle est absorbée par l’eau, et, en élevant la température interne des micro-vaisseaux dermiques suite à cette absorption, stimule la circulation locale, augmente l’apport en oxygène aux tissus, et optimise ainsi la réponse cellulaire et la restauration tissulaire (cf supra). Elle est également absorbée (bien que moins que le bleu) par la mélanine et l’hémoglobine, mais en revanche est plus pénétrante : elle optimise donc la profondeur de traitement, notamment pour les varicosités des ailes du nez et celles des membres inférieurs, pour les lentigos plus profonds. Le NIR peut également être utilisé en LLLT (< 0,5 w), et ainsi contribuer à la PBM, et, pour les peaux ternes, à la trophicité des tissus en agissant sur la cytochrome oxydase et la production d’ATP.

 

À côté de ses nombreuses indications médicales et esthétique, le Blue Derma laser possède également une fibre nue permettant la photo-dissection, sorte de « bistouri photonique », et toujours associé à la PMB. La miniaturisation de ce laser (technologie de laser à diodes), son aspect silencieux pendant le travail, les différentes PAM, y compris la toute récente PAM fractionnée, ne doivent pas faire oublier qu’il s’agit d’un laser classe IV, avec toutes les précautions que cela implique (information, lunettes adaptées, salles aux normes).

Le RRL par Blue Derma laser se déroule en une ou plusieurs sessions de 20 minutes espacées de 4 à 6 semaines ; chaque séance se décompose en trois ou quatre phases ; la première consiste à détruire les cibles pigmentaires en excès en balayant les lentigos solaires (programme pigmentaire) ; dans la seconde, on détruira les télangiectasies (programme vasculaire) ; une troisième phase (programme chirurgie sans contact) permet de vaporiser d’éventuelles lésions en relief telles que ad nomes microkystes, kératoses séborrhéiques…

Pour finir, un remodelage pourra être réalisé en balayant l’ensemble du visage avec une pièce à main (PAM) adéquate. Dans chacun de ces programmes il sera tenu compte dans les réglages, du phototype, de la profondeur de traitement pour les lésions à abraser.

 

Quelles autres parties du corps peuvent bénéficier de ce traitement ?

Les pathologies inflammatoires peuvent faire l’objet de traitement dans la partie « thérapie » , alternative ou complément de thérapeutiques classiques, tant dans les dermatoses inflammatoires qu’infectieuses. L’acné est couramment améliorée (lumière rouge et bleue). Les onychomycoses répondent bien en quelques séances indolores en LLLT, permettant d’éviter le recours à des traitements per os longs et potentiellement toxiques. Une fonction permet l’enregistrement de protocoles personnalisés.

 

L’intérêt de ces séances de RRL par Blue Derma laser est avant tout l’extrême satisfaction du patient suite à une première séance en ayant pris soin de l’informer d’une accentuation de la coloration des lentigos et télangiectasies pendant 8 à 10 jours en cas de vieillissement actinique prononcé. Une éviction sociale n’est pratiquement jamais rapportée. Une routine de soins à domicile est conseillée au patient, entre les séances et en relais (anti-oxydants, hydratants et photo-protecteurs le matin, cicatrisants le soir).

 

Un soin post laser améliore toujours le confort du patient, notamment lorsqu’une sensation d’échauffement est ressentie si les cibles détruites sont nombreuses. Il peut s’agir de masques préimprégnés, à poser quelques minutes, ou bien d’un véritable soin réalisé par une esthéticienne, qui allie le bien-être du geste à l’efficacité des actifs appliqués.

Parmi les masques, on peut citer les dispositifs médicaux de la gamme Dermastir, et parmi eux :

  • Post-Op Invisible Face mask Hyaluronic™, qui réalise une véritable barrière de protection qui diminue la perte insensible en eau, apaise grâce à l’Aloe Vera, et freine l’oxydation cellulaire grâce à sa teneur en Vitamine E.
  • Post-op bio-cellular Face mask Whitening Skin Tissue™, véritable seconde peau résultat de techniques de biofermentation de micro-organismes, qui contient du glycyrrhizate, régulateur de la pigmentation et de l’acide ellagique, anti-oxydant.

Parmi les soins il faut citer les masques de la gamme Skinceuticals, que l’esthéticienne prépare en extemporané :

  • Vitamin C Firming Mask™, puissant anti-oxydant
  • Phyto Correctiv Mask™, hautement concentré en acide hyaluronique et peptides végétaux apaisants pour les peaux plus sensibles.

Pour les peaux sujettes aux hyperpigmentations postinflammatoires (mélasma en particulier), la technique Skin-Eclipse™ est idéale en post laser : un peeling doux fait d’une solution d’agents réduisant la synthèse de mélanine, dont l’acide mandélique, est appliqué juste avant un masque d’actifs antiinflammatoires, anti-oxydants, anti-glycation et régulateurs de la pigmentation. Puis un courant d’électroporation- électrophorèse couplé à des LED, active la pénétration de ces substances, l’ensemble réalisant un soin apaisant, dit  « zénifiant » selon les coutumes de l’Egypte ancienne, dû aux vibrations du cristal des LED.

 

Tous ces soins post-laser ne sont bien sûr pas à négliger, le résultat obtenu en sera optimisé en qualité et en précocité : les taches et télangiectasies s’estompent en deux à trois semaines, (réjuvénation), l’amélioration de la tonicité s’observe à partir de la sixième semaine. Une séance de ce type devrait être un préalable à toute autre intervention esthétique lorsque la peau a été chroniquement insolée. Des injections d’acide hyaluronique, lorsqu’elles sont indiquées, seront d’autant plus efficaces, avec moins de produit, et plus durables.

 

Traiter sa couperose, ses taches, ses varicosités, traiter les imperfections, gommer les cicatrices, les ridules, les vergetures, remodeler le tissu conjonctif, sont maintenant des demandes fréquentes de patients soucieux d’améliorer l’aspect de leur peau. Les techniques laser ont permis d’approcher ces traitements avec de plus en plus de précision et de moins en moins d’effets secondaires. C’est le cas de ce nouveau laser à lumière bleue, couplé à du rouge et de l’infra-rouge, permettant tout en même temps destruction et photo-biomodulation. Les résultats obtenus sur la réjuvénation et le remodelage dermique sont d’autant plus performants que la cosmétique associée est bien choisie.

 

Photo du Docteur Isabelle Gallay

 

Docteur Isabelle Gallay

Diplômée en dermatologie en 1987 de la faculté de Saint-Louis Lariboisière PARIS et en chirurgie plastique de la face. Diplômée de Lasers en Dermatologie, Angiologie et Chirurgie Plastique. Viceprésidente et responsable régionale du Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV), Membre de la Société Française de Dermatologie (SFD), Expert du groupe de Vigilance

esthétique du gDEC.


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